Est-ce qu’une application développée en langage naturel peut répondre aux besoins des entreprises ? Une question que beaucoup se pose dans le contexte de l’intelligence artificielle.
En discutant avec un client qui souhaitait faciliter les tâches de gestion de relation client de son service administratif, j’ai développé une application avec Lovable. J’aurai pu orienter mon choix vers d’autres plateformes telles que Bolt, Cursor, ou Bubble.
Donc, Lovable. Aucune ligne de code ; la création de l’application web se fait par langage naturel. Vous expliquez ce que vous voulez, Lovable se charge de construire l’application. La plateforme gère les scripts techniques, la création du serveur, de la base de données, et l’ensemble des paramétrages systèmes.
Lien vers le prompt d’initialisation.
Lien vers le prompt d’ajout de fonctionalité.
Lien vers l’application de démonstration et les coûts
Retour d'expérience sur la création d'une application en langage naturelle.
Il m’aura fallu une semaine pour créer et déployer une application de type gestion des réclamations dans le contexte d’une PME vendant des produits en BtoB ou BtoC.
La description du besoin pour l’élaboration de l’application est facile ; Il s’agit du même mode de fonctionnement que les ChatBot de type Gemini, CoPilot ou ChatGPT.
A titre personnel, j’ai effectué en tout 4 prompts (2 prompts généraux et 2 prompts de corrections).
Le 2ème prompt fonctionnel correspondaient à de la gestion spécifique dans les menus, à de l’administration de droits d’accès, et à une page d’import de données.
Un temps relativement rapide pour avoir et utiliser une application hébergée sur l’infrastructure de Lovable. Plus exactement, cette version d’application aura permis de valider le besoin final de mon contact. Et de confirmer que le résultat était facile à utiliser par ses services.
Une application avec des points positifs...
La mise en œuvre ne nécessite d’aucune compétence en informatique.
Juste avant la phase finale de publication de l’application, Lovable fait une revue de sécurité et propose des corrections possibles en termes de sécurité. Le bouton de correction automatique gère le point.
Attention tout de même, pour les personnes rétives à l’Anglais. Cette partie n’est pas traduite en Français. Pour ceux qui ne sont pas à l’aise, le site deepl.com leur viendra en aide.
Il est possible d’effectuer une analyse de sécurité plus poussée via IA (module Aikido). A réserver cependant à des personnes à l’aise avec les connecteurs et GitHub.
Il est possible d’avoir une solution utilisable rapidement, permettant de valider le besoins comme le permettrait une maquette
Le choix de l’url personnalisée de l’application est possible ; en mode gratuit, seul le sous domaine l’est, en mode payant l’url complète est possible (https://le_nom_de_votre_choix.lovable.app)
Mais une application à risque...
Le résultat est intéressant dans la mesure où l’on a conscience de ce vers quoi on se dirige.
L’application est hébergée sur l’infrastructure de Lovable. En clair, si un problème intervient, si Lovable disparait, tout disparait.
Le fait de ne pas avoir à gérer les serveurs ou les bases de données sont d’une importance capitale pour une TPE ou une PME n’ayant pas en interne les compétences en informatique. Par contre, cela expose l’entreprise à une sorte d’emprisonnement de la relation avec Lovable.
La migration (sur une plateforme ou un serveur autre) des données de configuration et de la base de données supabase est plus complexe et réservée à des développeurs.
Une appli Lovable pour quel usage ?
A la lecture de ce retour d’expérience, certains pourraient être tentés de se lancer, et de laisser la partie technique à la plateforme. Mon opinion est la suivante :
– Je pense que cette solution est possible pour une TPE ne voulant pas dépenser des milliers d’euros dans une solution (mal)gérée en interne ;
– Il me semble que pour une PME, pourquoi pas. Même si la facilité de déploiement et d’usage est réelle, je crois que cela ne devrait être utilisé que pour une maquette. La PME décrit ce qu’elle attend, voit le résultat et valide la solution. Après quoi, dans le cadre d’une utilisation pérenne, elle peut montrer ce qu’elle a initialisé à un développeur, pour qu’il copie l’application dans un environnement sécurisé.
– Enfin pour les ETI et les grands groupes, cette solution est inenvisageable pour des raisons de sécurité informatique et d’éventuelles connexions avec les outils déjà utilisés en interne.
Combien ça coûte ?
J’ai dupliquée l’application générée à partir des prompts qui sont présents en bas d’article, et en ai fait une application de démonstration. Elle est disponible sur :
https://decideurs.lovable.app/
Les coûts de création pour cette application ont été les suivants :
– Coût en terme de délais : 6 jours
– Coût en terme de crédits nécessaires : 30
– Coût financier : 0 €
En effet, à part le temps passé, cette application ne coûte rien. Les crédits sont gratuits (5 par jour) et l’hébergement n’est pas payant.
Le prompt d’initialisation de l'application web
Afin d’éviter un trop grande nombre d’aller-retour avec le ChatBot, il est important de clarifier le besoin. Même s’il est possible de jeter dans le désordre tout ce que l’on attend de la future application il est préférable d’indiquer : le contexte dans lequel l’application sera utilisée ; le ou les objectifs qu’elle devra remplir ; les contraintes auxquelles elle devra répondre ; le format qui sera visible dans l’interface.
Les éléments écrits en italiques doivent être remplacés pour s’adapter au cas souhaité.
LE CONTEXTE : L’entreprise (Indiquer le nom qui apparaitra dans l’interface) est une PME/TPE évoluant dans le secteur d’activité à préciser, avec 10/15/50 salariés, qui vend des produits. Elle reçoit 5/10/15 réclamations clients par mois : pièce non conforme aux cotes, défaut d’aspect, quantité incomplète, retard de livraison, autre cas de réclamation. Aujourd’hui les éléments sont gérés à la main dans Excel/e-mails/post-it/etc, et les relance se font de manière informelle entre collègues pour obtenir une décision et un statut d’avancement. L’action corrective pour la résolution de la réclamation n’est suivie nulle part et le client doit rappeler pour avoir des nouvelles. L’OBJECTIF : Créer une application web complète de gestion des réclamations clients : la réclamation si il y a lieu, est déposée par le client lui-même à partir d’un lien fournit par l’entreprise au moment de la transaction/passage de commande, qualifiée automatiquement, assignée au bon responsable, suivie jusqu’à réalisation de l’action corrective, et le client est informé sans aucune ressaisie ni relance manuelle. LES CONTRAINTES : – Chaque collaborateur a son propre compte : inscription avec email et mot de passe, connexion, déconnexion, réinitialisation du mot de passe. – Seules les adresses e-mails appartenant au domaine de l’entreprise peuvent créer un compte ou s’authentifier – Le formulaire de réclamation est accessible par un lien fournit par l’entreprise à ses fournisseurs/clients dans le cadre de la gestion administrative (création du compte client/fournisseur) : le fournisseur/client n’a aucun compte à créer. – Un fournisseur/client qui ouvre son lien personnalisé n’a jamais à saisir ni à choisir le nom de sa société : il est déjà identifié par son lien. – Toute décision est tracée : qui, quand, quel commentaire. – Aucun email n’est envoyé au client sans relecture humaine. – Interface professionnelle et sobre, adaptée à un usage industriel. Utilisable sur téléphone comme sur ordinateur. – Jeu de données de démarrage réaliste : 10 fiches clients (sociétés françaises plausibles), 30 commandes réparties entre ces clients (numéro CMD-2026-XXXX, date, référence pièce, désignation, quantité), 4 réclamations rattachées à des commandes existantes, réparties sur les types de défaut et tous les statuts. FORMAT : – Page de connexion / inscription : email, mot de passe, lien “mot de passe oublié”. – Tableau de bord : 4 compteurs (Total, Nouvelles, En cours de traitement, Clôturées), puis la liste des réclamations récentes. – Page “Fiches clients” : liste des clients, bouton “Nouveau client” (raison sociale, adresse, nom et prénom du contact, email, téléphone). Chaque fiche affiche ses commandes, ses réclamations et son lien de réclamation personnalisé (long et non devinable). Les coordonnées du contact sont éditables après création. Point très important : tout changement de coordonnées se répercute dans toute l’application, les futurs emails partent vers les nouvelles coordonnées. – Formulaire de réclamation client. Selon le mode d’accès suivant : A l’aide du lien personnalisé d’un client : le champ “société” n’est PAS affiché, le nom du client apparaît en lecture seule, la liste des commandes est directement filtrée sur ce client, le nom et l’email du contact sont pré remplis et modifiables. – Qualification automatique : à l’enregistrement, l’IA analyse la description libre et renseigne le type de défaut (Non-conformité produit, Défaut d’aspect, Quantité, Retard de livraison, autre cas), la gravité (Mineure, Majeure, Critique) et un résumé en une ligne. Ces valeurs restent modifiables par la responsable qualité. Statut : Nouvelle. – Assignation automatique : une règle associe chaque type de défaut à un responsable par défaut. Quand la responsable qualité valide la qualification, la réclamation est assignée automatiquement au bon responsable, qui est notifié. Statut : En analyse. – Page de décision : le responsable ouvre le dossier, saisit l’action corrective décidée et tranche : Acceptée ou Rejetée. S’il accepte, il crée une action corrective avec un responsable, une échéance et un statut (À faire, En cours, Faite). Statut : Action en cours. – Email de réponse au client, rédigé par l’IA : à la décision, l’application génère une proposition d’email reprenant coordonnées du contact, référence de la commande, défaut signalé, décision, action corrective et délai. L’email s’affiche dans un champ modifiable : le responsable relit, ajuste, puis valide. – Suivi et clôture : le responsable de l’action la marque comme faite, avec un commentaire et une photo optionnelle. Quand toutes les actions d’une réclamation sont faites, elle passe en “Prêt à clôturer”. La responsable qualité vérifie et clôture. – Relances : si une réclamation reste “En analyse” plus de 48 heures, le responsable assigné est relancé. Si une action corrective dépasse son échéance, son responsable est relancé. Bouton “Vérifier les retards maintenant”. – Page “Réclamations” : tableau (N°, Date, Client, Commande, Type de défaut, Gravité, Statut en badge coloré : Nouvelle, En analyse, Action en cours, Prêt à clôturer, Clôturée, Rejetée), filtres par statut, client et type, tri par date décroissante. – Journal des emails : chaque email généré par l’application (accusé de réception au client, notification au responsable, réponse au client, relances) est enregistré avec date, destinataire, sujet, corps et statut, et consultable dans une page “Journal des emails”.
A l'usage, un deuxième prompt fonctionnel était nécessaire
Il s’agissait d’ajouter une fonctionnalité permettant d’importer les nouvelles commandes dans l’application. Afin qu’à la création d’une réclamation, le client puisse sélectionner la commande concernées.
LE CONTEXTE : L’application est en service, mais le client déposant une réclamation ont accès à la liste complète des commandes passées pour tous les clients. Or un client ne peut avoir accès que seulement aux commandes qu’il a passées. De même, les commandes doivent pouvoir apparaitre dans l’interface.
L’OBJECTIF : Permettre à chaque client souhaitant faire une réclamation, de n’avoir accès qu’aux commandes qui lui sont liées.
Pouvoir importer les commandes à partir d’un fichier de type csv à partir d’une nouvelle page accessible par l’administrateur du site.
LES CONTRAINTES :
– L’application est en service : ne rien casser de ce qui fonctionne déjà, ne pas modifier les fonctionnalités existantes.
– Tous les comptes déjà existants restent actifs. Le compte administrateur conserve son accès et reçoit le rôle Responsable qualité, avec les droits d’administration, sans nouvelle inscription ni nouveau mot de passe.
LE FORMAT :
Spécification technique fichier import commande ; Colonnes attendues : raison_sociale; numero; date_commande; reference_piece; designation; quantite; dates au format jj/mm/aaaa. Un client inconnu voit sa fiche créée, une commande déjà existante est mise à jour.